« Ça bouge du côté des implantations de nouvelles Eglises en Suisse romande ! »

vendredi 13 novembre 2009
Fin octobre à L’Auberson, la Formation au service dans l’Eglise et la Commission Création de nouvelles Eglises de la FREE ont convié à une journée de réflexion autour de l’implantation de nouvelles Eglises en Suisse romande aujourd’hui. Différents projets ont été présentés. Echos.

Les 30 et 31 octobre, la Formation au service dans l’Eglise de la FREE (FSE) en lien avec la Commission Création de nouvelles Eglises a organisé une journée de réflexion autour du thème « Développer de nouvelles Eglises aujourd’hui en Suisse romande ». Une vingtaine de personnes ont pris le chemin de la Grange à L’Auberson pour entendre non pas une théorie sur la manière d’implanter de nouvelles Eglises, mais des témoignages d’expériences vécues ces dix dernières années en Suisse romande. Ce qui a frappé les participants, c’est la diversité des approches présentées. De la démarche du pionnier qui commence une implantation en solitaire dans une région où la présence évangélique n’est pas nombreuse, à l’Eglise qui décide d’implanter une nouvelle communauté dans un grand centre urbain et qui bénéfice, dès le début, d’un appui important de l’Eglise-mère.

Des projets d’implantation ciblés
C’est Cécile Terraz, 28 ans, d’ICF Genève, qui a ouvert les feux en présentant le parcours de ce mouvement d’Eglises. Fondée en 1996 à Zurich, la première ICF (International Christian Fellowship) a fait des petits : à Bâle, Berne, Lausanne, Genève... Et ce mouvement d’Eglises extraordinairement dynamique d’envisager de lancer des « Eglises nouvelle génération » en Valais, dans les cantons de Neuchâtel, Fribourg ou du Tessin... et même sur Lyon ! « D’ici 2016, nous aimerions atteindre le nombre de 300 ICF en Europe », a encore lancé Cécile Terraz.
Werner Lehmann, pasteur dans l’Eglise d’Oron (FREE), a ensuite présenté la démarche du Gospel Center sur les hauts de Lausanne. Lancé en mars 2007 en lien avec l’Eglise d’Oron dans les locaux de la Ligue pour la lecture de la Bible, ce projet d’Eglise rassemble aujourd’hui 300 personnes à l’occasion de ses rencontres du dimanche soir. Il poursuit deux objectifs : l’appel à la conversion des participants et le souci de rejoindre les gens dans leurs besoins. « Grâce au groupe de louange, à un accent mis sur la guérison et au recours à des clips vidéos, nos rencontres s’inscrivent dans la culture des 18-35 ans. Trois adjectifs définissent notre démarche, ajoute Werner Lehmann : positif, pratique, puissant... » A l’avenir, le Gospel aimerait trouver une salle de 800 à 1000 places avec parking dans le nord de Lausanne pour y développer ses activités.

Quand le démarrage prend du temps
Au Grand-Lancy, Willi Schildknecht s’inscrit dans une tout autre démarche. Il essaie de développer une communauté installée précédemment à Plan-les-Ouates. Ce pasteur au bénéfice d’une expérience d’implantation d’Eglise aux Comores, considère que sa tâche première est de vivre avec les gens de son quartier. « Les rencontres pour personnes âgées sont celles qui ont rassemblé le plus de monde, explique-t-il. Donc c’est avec cette population-là que nous essayons de développer notre Eglise. » Willi Schildknecht, qui est soutenu partiellement par la FREE, ne va pas en rester là. Il caresse différents projets : notamment celui de mettre en place des activités pour les enfants, ainsi que pour les étrangers.
« Nous avons eu notre premier culte en août 1999, relève Olivier Fasel, implanteur d’Eglise à Villars-sur-Glâne. Avec nos rencontres le samedi soir, notre démarche se rapproche de ce que l’on appelle actuellement les Eglises émergentes. » Les cultes se déroulent de manière informelle autour de tables de bistrot. Le programme de semaine se veut très léger, pour permettre aux participants de développer leur réseau de relations. « Nous voulons libérer les chrétiens pour qu’ils soient sel et lumière dans leur cercle, ajoute le pasteur de Villars-sur-Glâne. Notre démarche est avant tout centrifuge et non centripète, comme dans beaucoup d’Eglises locales où les activités proposées occupent passablement les membres. » Avec 35 adultes et autant d’enfants, l’Espace Rencontre cherche de nouveaux locaux.

Deux expériences originales
Une expérience d’Eglise de maison, c’est ce que Stéphane Rossel est aussi venu présenter. Pasteur à Carrouge (VD) pendant quelques années, Stéphane a fermé l’Eglise évangélique du Jorat. Depuis lors, il continue de développer son ministère dans cette région, à St-Cierges notamment et en relation avec les ministères réformés et évangéliques de la région. Désireux de toucher les non-chrétiens, il concentre son activité sur les enfants et les jeunes. « Ce faisant, je prends soin des pauvres de notre société, de ces nombreux enfants qui passent leur journée seuls à la maison, entre TV et playstation », explique-t-il.
Les participants ont aussi eu l’occasion d’entendre Martial Deléchat dessiner un projet d’implantation à Romont. Le pasteur de l’Eglise méthodiste de Lausanne quittera son poste l’été prochain. Il souhaite s’installer à Romont et développer un témoignage évangélique en lien fraternel avec les autres Eglises du lieu. Suivant les locaux à disposition, cette démarche pourrait développer dans le même temps une action sociale importante.

Un accueil favorable de la FREE
« Pour naître à la vision d’implanter de nouvelles Eglises en Suisse romande, il faut aller suffisamment près du coeur de Jésus pour entendre battre l’amour de Dieu pour nous », a expliqué Philippe Bottemanne, l’un des coorganisateurs de la formation. Pasteur depuis 18 ans à Aigle, Philippe a dû « passer d’une mentalité centrée sur l’Eglise locale à une mentalité préoccupée par le Royaume de Dieu ». Ce qui le pousse actuellement à développer de nouveaux groupes de quartier en Valais.
Présent lors de cette journée de réflexion, Jean-Charles Moret, le secrétaire général de la FREE, a rappelé que l’implantation de nouvelles communautés était au coeur des préoccupations de la FREE. « Même si des difficultés financières ont parfois freiné le soutien accordé à de telles démarches, a-t-il relevé, quand le projet était bon, la FREE a toujours trouvé les moyens de le réaliser ! » En final, il a aussi encouragé la Commission Création d’Eglises à travailler sur de nouveaux projets.

Serge Carrel


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