Pourquoi Jésus fut-il mis à mort ?

Jésus mourant pour réconcilier les hommes avec Dieu
Jésus mourant pour réconcilier les hommes avec Dieu (Deposite Photos) icon-info
Jean-René Moret samedi 30 mars 2024

Jésus de Nazareth est resté dans les mémoires comme un homme doux et sage, et l’inspirateur des mouvements non-violents. Pourtant, il a été crucifié comme un criminel, comme les chrétiens s’en rappellent le vendredi de Pâques, appelé vendredi Saint. N’est-ce pas étonnant ?

Ce texte de Jean-René Moret, pasteur à l'Eglise évangélique de Cologny (FREE) et physicien, a d'abord été publié dans la Tribune de Genève du 28 mars 2024.

Pour le comprendre, il nous faut remonter aux alentours de l’an 30. Le peuple juif se voit comme peuple élu de Dieu, mais sa terre, la Judée, subi l’humiliante occupation de Rome, une puissance païenne. Les autorités religieuses juives ont une certaine autonomie pour gérer les affaires internes, et s’accrochent au culte rendu dans le Temple de Jérusalem, lieu pour eux de la présence de Dieu. Cependant, beaucoup espèrent un messie politique et militaire, qui prenne la tête d’une insurrection contre l’occupant. La région est une poudrière, une étincelle peut créer une émeute ou une révolte. Le gouverneur romain, Ponce Pilate, doit tout faire pour maintenir le calme, alors qu’on lui reproche déjà d’avoir eu la main lourde.

Pour les chefs religieux, un concurrent et un blasphémateur

Paraît Jésus, qui prêche l’arrivée prochaine du Royaume de Dieu et gagne une renommée de faiseur de miracles. Les foules le suivent. Il reproche aux autorités religieuse leur hypocrisie, leur richesse et leurs traditions, qui tordent d’après lui le sens de la loi donnée à Moïse. Il relativise l’importance du Temple, se présentant lui-même comme présence de Dieu sur terre. Les chefs religieux voient en lui un concurrent, un blasphémateur et un agitateur. Ils craignent des troubles et que la répression romaine les prive du pouvoir et de la liberté qu’il leur reste. Ils arrêtent alors Jésus et le livrent aux Romains comme prétendant à la royauté et donc révolutionnaire potentiel.

Le gouverneur romain voit bien que Jésus ne vise pas un royaume terrestre avançant par la force des armes, et voudrait donc le relâcher. Mais les dignitaires religieux excitent la foule pour qu’elle réclame son exécution. Craignant une émeute qu’il ne pourrait réprimer que dans un bain de sang, Ponce Pilate condamne Jésus à la mort par crucifixion, en se lavant les mains pour se distancer de la décision. Jalousies et politique conduisent ainsi à l’exécution de Jésus.

Une vie donnée, et non prise

Pourtant, derrière ces raisons politico-religieuses, une autre réalité transparaît. Jésus enseignait qu’il était venu « donner sa vie en rançon pour beaucoup de gens », que personne ne lui prenait sa vie mais qu’il la donnait de lui-même. En Jésus, les chrétiens reconnaissent Dieu venu se mettre à la place du coupable, endosser le rejet et l’injustice, manifester son amour jusqu’à donner sa vie. La mort de Jésus est alors source d’une espérance pour tous. Celui souffre ou qui est victime de l’injustice voit Dieu partager son sort. Celui qui se sent coupable a la possibilité d’être racheté par Jésus, d’être pardonné en vue d’une nouvelle vie. Si la mort de Jésus se comprend dans le contexte de l’époque, son sens vaut pour toutes les époques.

Opinion - avertissement

Les signataires de ces textes sont soit des membres de l’équipe de rédaction de lafree.ch soit des personnes invitées.
Chacun s’exprime à titre personnel et n’engage pas la FREE.

Publicité

Twitter - Actu évangélique

Journal Vivre

Opinion

Opinion

TheoTV (mercredi 20h)

20 janvier

  • «La terre, mon amie» avec Roger Zürcher (Ciel! Mon info)
  • «Repenser la politique» avec Nicolas Suter (One’Talk)

27 janvier

  • «La méditation contemplative» avec Jane Maire
  • «Vivre en solobataire» avec Sylvette Huguenin (One’Talk)

TheoTV en direct

myfreelife.ch

  • « J’ai été un bébé volé du Sri Lanka »

    Ven 03 novembre 2023

    Il y a quelques années, un trafic d’enfants proposés à l’adoption à des couples suisses secouait l’actualité. Sélina Imhoff, 38 ans, pasteure dans l’Eglise évangélique (FREE) de Meyrin, en a été victime. Elle témoigne avoir appris à accepter et à avancer, avec ses fissures, par la foi. Et se sentir proche du Christ né, comme elle, dans des conditions indignes. [Cet article a d'abord été publié dans Vivre (www.vivre.ch), le journal de la Fédération romande d'Eglises évangéliques.]

  • Des choix porteurs de vie

    Ven 22 septembre 2023

    Abandonner la voiture et emménager dans une coopérative d’habitation ?... Deux couples de l’Eglise évangélique (FREE) de Meyrin ont fait ces choix qu’ils estiment porteurs de vie. « Le rythme plus lent du vélo a vraiment du sens pour moi », témoigne Thiéry Terraz, qui travaille pour l’antenne genevoise de Jeunesse en mission. « Je trouve dans le partage avec mes voisins ce que je veux vivre dans ma foi », lui fait écho Lorraine Félix, enseignante. Rencontres croisées. [Cet article a d'abord été publié dans Vivre (www.vivre.ch), le journal de la Fédération romande d'Eglises évangéliques.]

  • Vivian, une flamme d’espoir à Arusha

    Jeu 15 juin 2023

    Vivian symbolise l’espoir pour tous ceux que la vie malmène. Aujourd’hui, cette trentenaire tanzanienne collabore comme assistante de direction au siège de Compassion à Arusha, en Tanzanie. Mais son parcours de vie avait bien mal débuté… Nous avons rencontré Vivian au bureau suisse de l’ONG à Yverdon, lors de sa visite en mars dernier. Témoignage.

  • Une expérience tchadienne « qui ouvre les yeux »

    Ven 20 janvier 2023

    Elle a 19 ans, étudie la psychologie à l’Université de Lausanne, et vient de faire un mois de bénévolat auprès de jeunes de la rue à N’Djaména. Tamara Furter, de l’Eglise évangélique La Chapelle (FREE) au Brassus, a découvert que l’on peut être fort et joyeux dans la précarité.

eglisesfree.ch

  • Un·e responsable des finances (10%)

    Lun 29 janvier 2024

    Plus grande fédération d’Eglises évangéliques en Suisse romande, la FREE offre un cadre de travail dynamique et défiant, en lien étroit avec les autres acteurs du milieu chrétien évangélique romand, suisse et international. Dans ce cadre, la FREE recherche un·e responsable des finances.

  • Rencontre générale : une fédération utile

    Mer 29 novembre 2023

    La Rencontre générale du 25 novembre 2023 a permis de remercier Stéphane Bossel pour 23 ans d’engagements divers et importants dans la FREE. Elle a aussi permis à l’équipe de direction de partager quelques priorités, notamment le sens, les valeurs et la plus-value que la FREE peut offrir aux Eglises.

  • Rencontre générale de la FREE : l’équipe de direction souffle sa première bougie

    Sam 08 avril 2023

    La Rencontre générale de la FREE, qui a eu lieu le 1er avril 2023 à Aigle, a permis à la nouvelle équipe de direction de dresser un bilan, après tout juste une année de fonctionnement. Et ce qui saute aux yeux, c’est le grand nombre des défis à relever.

  • FREE : une première « Journée stratégique »

    Ven 03 février 2023

    Les personnes qui exercent un rôle dans la FREE se sont réunies en janvier pour réfléchir à la mise en œuvre de la nouvelle « gouvernance à autorité distribuée » (1). Retour sur une « Journée stratégique » conviviale et studieuse.

eglise-numerique.org

point-theo.com

Suivez-nous sur les réseaux sociaux !