Kim Phuc Phan Thi : une ode extraordinaire au pardon chrétien

Serge Carrel jeudi 03 octobre 2019

La Marive à Yverdon-les-Bains était comble hier soir pour entendre le témoignage de Kim Phuc Phan Thi, la « fille de la photo » qui a contribué, selon plusieurs spécialistes, à l’arrêt de la guerre du Vietnam en 1975. Habillée d’une robe rouge étincelante, cette « ambassadrice de bonne volonté » de l’UNESCO a raconté ce que le Christ lui avait apporté dans sa gestion de la haine et du pardon.

Le 2 octobre, 800 personnes ont assisté à la conférence de Kim Phuc Phan Thi à Yverdon-les-Bains. Connue comme « La fille de la photo », cette rescapée de la guerre du Vietnam, brûlée sur tout le corps par une bombe au napalm, a « chanté une ode » extraordinaire au pardon chrétien.

« Je haïssais tout le monde ! »

Suite au bombardement au napalm dont elle a été victime le 8 juin 1972, Kim Phuc Phan Thi, alors âgée de 9 ans, n’a pas entretenu de haine à l’endroit des Etats-Unis. Tout particulièrement grâce au soutien de sa famille. Cependant à l’âge de 19 ans, lorsque son rêve de devenir médecin est anéanti par le gouvernement communiste du Vietnam qui veut faire d’elle une témoin des horreurs de la guerre, la haine envahit son cœur. Non pas à l’endroit des Etats-Unis ou des autorités vietnamiennes seulement, mais à l’endroit de tout un chacun.

« Le fait d’être deux fois victimes m’a rempli de colère et de haine. Pourquoi avais-je à souffrir à ce point-là ? », lance-t-elle. Désireuse de découvrir les causes de ses souffrances, elle se lance dans une quête existentielle profonde. Elle se réfugie dans une bibliothèque à Saïgon (aujourd’hui Hô Chi Minh-Ville) et découvre un Nouveau Testament qu’elle lit. A Noël de la même année, elle se rend dans une Eglise de la capitale du Vietnam et y découvre l’amour de Dieu.

L’apaisement grâce à Jésus de Nazareth

Sa découverte de Jésus-Christ, alors qu’elle était une fervente de la religion syncrétiste caodaïste, lui procure l’apaisement intérieur. « Les religions ne m’avaient pas procuré la paix, mais plus je priais Jésus, plus j’entrais dans cette relation et plus j’étais apaisée », confie-t-elle.

La lecture de l’évangile de Luc et de l’invitation de Jésus à aimer ses ennemis (Luc 6.27ss.) l’interpelle. Elle s’interroge sur la manière de mettre cela en pratique. « J’ai fait une liste de mes ennemis : l’Américain qui a lancé la bombe qui a brûlé 30 pour cent de mon corps, les autorités vietnamiennes qui m’ont contrainte à arrêter mes études de médecine… Cette liste est devenue ma liste de prière. Et à travers la prière à Dieu, la haine qui m’habitait est partie. » Dans ce processus, trois mots commençant par « d » ont conduit sa démarche : le désir d’aller de l’avant dans l’amour des ennemis, la détermination à parvenir à ses fins et la discipline.

Vivre le pardon avec des vétérans américains de la guerre du Vietnam

Aujourd’hui, cette femme qui souffre toujours des conséquences d’un lâcher de bombes américaines au napalm en 1972 promeut la paix dans le monde et, en tant qu’ambassadrice de bonne volonté de l’Unesco, œuvre via sa fondation pour les enfants victimes de la guerre et de la violence des Etats. Dans une vidéo bouleversante projetée à Yverdon-les-Bains, elle rend compte aussi de ses démarches de pardon auprès de vétérans de la guerre du Vietnam, rongés par le remords d’avoir détruit la vie d’enfants, de femmes et d’hommes… des civils !

« Personna non grata » actuellement au Vietnam à cause du fait qu’elle a fui son pays pour se réfugier au Canada en 1992, elle n’en demeure pas moins attachée à son peuple. Elle souhaite ouvrir une bibliothèque publique dans son village d’origine Trang Bang. « C’est plus que jamais important d’apporter la paix et la joie aux enfants dans notre monde », conclut-elle.

Serge Carrel

La conférence « Kim Phuc 2019 – la fille de la photo » organisée par les éditions Ourania à Yverdon-les-Bains sera bientôt disponible sur la chaîne et le site de DieuTV, qui a filmé la soirée.

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