Le bon berger est… une femme à l’Eglise libre de Reconvilier (FREE)

mercredi 24 février 2021

Elle est entrée en fonction pendant la pandémie, en juillet dernier. Daniela Bär, 53 ans, a le goût des gens. Et celui de la Parole. Rencontre entre les bancs et le lutrin de cette église du Jura bernois.

 

Elire une femme pasteure à la tête d’une communauté évangélique n’est pas chose fréquente. L’Eglise libre de Reconvilier a pourtant élu Daniela Bär à sa tête à l’unanimité. « Et une abstention », souligne Daniela Bär les yeux rieurs. Riche d’un bagage théologique appris à Emmaüs de 2014 à 2017, d’une formation en aumônerie au CHUV et en Alsace et d’un stage pastoral à l’église La Passerelle à Vevey (FREE), cette femme dit que le pastorat s’est imposé à elle petit à petit. « J’aime les gens. J’aime la relation. Et j’aime que les personnes s’approchent de Dieu. Je suis arrivée dans une communauté sans pasteur depuis plus d’un an, en réflexion sur son avenir, et j’ai été chaleureusement accueillie ».

Être pasteur, c’est être humble…

L’entrée en matière ainsi faite autour d’un café, la quinquagénaire rayonnante évoque à grands traits un début professionnel en gastronomie et management événementiel, sa conversion lors de son école de disciples à Jeunesse en Mission, son envie de devenir éducatrice sociale… « Mais Dieu en a décidé autrement ! Je me demandais toutefois s’il allait vraiment m’ouvrir une porte dans le pastorat alors que je suis une femme », dit-elle malicieuse. Pour Daniela Bär, sa fonction consiste à « être bon berger. C’est-à-dire à être à l’écoute. A être humble. A prendre soin et à savoir se remettre en question ». Son objectif ? « Faire des disciples », répond-elle sans sourciller et du tac-au-tac. Car il est essentiel pour elle que chaque chrétien s’attache dans sa vie à suivre le Christ. Qu’il soit sel et lumière là où Dieu l’a placé. « Que la Parole de Dieu s’incarne ainsi dans un maximum de circonstances ! »

Un sapin à partage

Daniela Bär 1Et cette femme de citer le passage d’Esaïe 30 où le peuple d’Israël fait les choses à sa façon. « Un peu comme nous aurions sans doute tendance à nous comporter. Mais voulons-nous nous laisser transformer par le monde ou par la Parole de Dieu ? » Interpellée sur ce qu’elle peut apporter de spécifique en tant que femme, elle parle d’une sensibilité différente et de son souci à laisser sa place à chacun. Et puis elle mentionne ce « sapin à partage » devant l’église, où elle a placé il y a quelques mois un premier cadeau avec un verset biblique. Un présent emporté par la suite par un membre de la communauté qui en a laissé à son tour un autre et ainsi de suite. « Cela a fonctionné pendant toute la période de confinement où nous ne pouvions pas nous réunir. Et des cadeaux ont été ainsi échangés pratiquement tous les jours et sans organisation ! » Actuellement, les quelque 80 fidèles ne peuvent tous être en présentiel les dimanches matin. « Mais c’est Dieu qui construit son Eglise. Et j’ai pleinement confiance pour la suite », conclut-elle.

Gabrielle Desarzens

  • Encadré 1:

    Ce que je crois : Je crois que Dieu est tout puissant. Infiniment bon. Et la meilleure chose qui me soit arrivée dans ma vie !

    Ce que je ne crois pas : Je ne crois pas que Dieu nous veut du mal. Je ne crois pas qu’il n’intervient pas dans nos vies.

    Ce que je ne crois plus : Je ne crois plus que Dieu m’utilise que si je jeûne, prie ou l’invoque.

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