Aumônerie: « A moins de regarder une personne et de voir la beauté en elle, nous ne pouvons l’aider en rien »

mardi 25 août 2020

« Jésus s’approche de tous, sans condition. Sans demander une profession de foi préalable. » Forte de cette conviction, Valérie Compaoré, accompagnatrice spirituelle depuis 5 ans au CHUV, parle de son travail en termes d’écoute et de beauté. Rencontre lundi 24 août à Lausanne, tout proche de son lieu de travail.

Le cheveu court, elle a le verbe développé : « Le métier d’aumônier, comme on l’appelait précédemment, te met en face de l’évolution socioreligieuse. C’est-à-dire en face de la population d’aujourd’hui, où 30% des personnes se disent sans confession, soit presque autant que de catholiques romains ! J’ai choisi cette profession par intérêt pour la personne en souffrance et pour faire valoir l’espérance de l’Evangile que j’essaie de vivre et d’incarner ! » Engagée à 50% au Centre hospitalier universitaire vaudois (CHUV), Valérie Compaoré enfile sa blouse blanche à 8h30 et débute ses journées par un moment de recueillement avec ses collègues catholiques et réformés. Puis elle rejoint l’infirmière cheffe du service et les chefs de clinique pour savoir qui pourrait bénéficier d’un accompagnement spirituel.

Voir la beauté cachée…

Sa foi, dit-elle, est quelque chose qui l’habite, non pas un étendard. Ainsi peut-elle rencontrer et considérer avant tout chaque malade comme un sujet « qui doit se réapproprier sa dignité d’être humain, même s’il est défiguré par la maladie ou la vieillesse. » L’accompagnatrice spirituelle a parfois l’impression que les chrétiens imaginent des programmes, des messages et un langage très éloignés des préoccupations de leurs contemporains : « On parle beaucoup de discipulat dans nos communautés. Mais Jésus n’a pas fait que des disciples. Il s’est approché de n’importe qui sans jamais demander une profession de foi préalable. Il n’est pas un Dieu de condition, un Dieu prosélyte. Il n’avait pas non plus la volonté de fonder une église derrière ses actions. » Et cette femme de lire un extrait d’un texte du moine orthodoxe Anthony Bloom qui l’inspire : « A moins de regarder une personne et de voir la beauté en elle, nous ne pouvons l’aider en rien. On n’aide pas une personne en isolant ce qui ne va pas chez elle, ce qui est laid, ce qui est déformé. Le Christ regardait toutes les personnes qu’Il rencontrait, la prostituée, le voleur, et voyait la beauté cachée en eux. C’était peut-être une beauté déformée, abîmée, mais elle était néanmoins beauté, et Il faisait en sorte que cette beauté rejaillisse… » Valérie relève les yeux : « Tout est dit, non ? »

Exigence du Covid-19

Pendant cette période de pandémie, le métier est plus exigeant. « Comment vous dire ? » Valérie Compaoré regarde par la fenêtre, fronce le nez, secoue les souvenirs de ses dernières visites : « J’ai suivi une femme, la cinquantaine, qui a fait une rupture d’anévrisme avec une hémorragie cérébrale. Elle m’a dit avoir le sentiment d’être doublement punie : par la maladie, mais aussi par le fait de devoir la vivre de façon isolée, sans ses proches à ses côtés. Et puis un couple atteint du Covid-19 a été hospitalisé. L’homme est décédé aux soins intensifs, et sa femme n’a pas pu lui dire au revoir. C’est ça, la pandémie ! » Cette grande solitude des patients, Valérie l’entend, l’écoute, la met en mots. Puis essaie de voir au-delà : « Je m’engage à voir la personne avec son histoire, ce qu’elle croit, ce qu’elle espère. Et me risque à vivre avec elle une expérience de foi et de confiance. » Car sa mission consiste pour elle à permettre aux personnes visitées de se redresser, de se réapproprier leur vie, leurs choix.

Gabrielle Desarzens

Valérie Compaoré est payée pour son travail au CHUV par la Fédération évangélique vaudoise (FEV), dont la FREE est partenaire.

  • Encadré 1:

    Ce que je crois : Je crois que l’on peut vivre la présence de Dieu partout, comme par exemple dans les soins intensifs du CHUV !

    Ce que je ne crois pas : Je ne crois pas qu’il nous faille une confession de foi pour être approché par le Christ.

    Ce que je ne crois plus : Je ne crois plus que Dieu est présent uniquement dans l’Eglise.

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    En octobre dernier, le verdict du Tribunal constitutionnel polonais rendant l’avortement quasi illégal a provoqué de nouvelles grandes manifestations dans le pays. Pasteur dans la plus ancienne église évangélique de Varsovie, Samuel Skrzypkowski, 31 ans, nous donne son regard sur la crise traversée actuellement par la Pologne sur le sujet.

    jeudi 02 septembre 2021
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    Tatiana vit dans un foyer depuis plusieurs années. Elle ne peut rentrer le week-end chez ses parents, décédés il y a cinq ans. « C’est compliqué », dit-elle pour évoquer son quotidien avec la pandémie. Pour Roselyne Righetti, pasteure de rue à Lausanne qui la suit depuis sa naissance, ces jeunes doivent apprendre à ne pas perdre l’espérance. Cette rencontre croisée a donné lieu à une émission diffusée dimanche 30 mai dans Hautes Fréquences sur La Première.

    lundi 31 mai 2021
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    mardi 20 avril 2021
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    lundi 15 mars 2021

eglisesfree.ch

  • Gouvernance partagée à la FREE: 4 postes sont mis au concours

    Jeu 16 décembre 2021

    Après bientôt une année de discussion et de réflexion, la Rencontre Générale de la FREE a donné son feu vert pour la première étape concrète du changement de gouvernance de la FREE: la restructuration du poste de Secrétaire général, créé en 2007 lors de la fusion de la FEEL et des AESR, en plusieurs postes de Responsables de secteurs - de cercles comme on le dira dorénavant. Si certains d'entre eux restent bénévoles (comme l'Administration ou la Mission), 3 d'entre eux vont devenir salariés, entre 25 et 40%.

  • Rencontre générale de la FREE : vers une transformation radicale du poste de Secrétaire général

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    La Rencontre générale de la FREE, qui s’est tenue le 27 novembre 2021 à Lonay, a décidé de transformer le poste de Secrétaire général en une équipe de « coordinateurs ». Cette évolution, ainsi que l’introduction progressive de la gouvernance partagée, devrait rendre la gestion de la FREE plus souple et plus accessible aux jeunes générations.

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    Jeu 07 octobre 2021

    La Commission communication est au nombre des secteurs de la FREE qui évoluent vers la gouvernance partagée. Dans ce cadre, elle souhaite mieux connaître vos attentes en matière d’offre de médias. Voulez-vous dessiner avec nous le contour de la communication de la FREE en 2022 ? Pour cela, nous vous invitons à remplir un sondage à l'adresse suivante : https://fr.surveymonkey.com/r/FreeCom2022

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    La Convention qui lie la FREE et Médias-pro pour la poursuite du travail de Gabrielle Desarzens dans le service public a été renouvelée mardi 22 juin entre les instances concernées. Les compétences de la journaliste ont à nouveau été unanimement reconnues et saluées.

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    Si en Allemagne, plus de 100 prêtres et employés de l’Eglise catholique ont fait collectivement leur coming-out lundi 24 janvier, la question trans s’invite aussi dans l’Eglise en Suisse. Tout récemment, le Réseau évangélique genevois a demandé à une théologienne mennonite de venir en parler aux pasteurs et paroissiens du bout du lac Léman. Philippe Henchoz et Silvain Dupertuis de l’église évangélique (FREE) de Meyrin disent pourquoi dans l’émission Hautes Fréquences de RTS La Première ce dimanche 30 janvier.

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