« Dieu m’a conduite. »

mardi 19 mai 2020

« Travailler dans une œuvre chrétienne n’est pas toujours facile. Il faut savoir pourquoi on est là ! » Rire en cascade et lunettes bien ajustées, Françoise Huguelet tire fin juin sa révérence à la FREE, qu’elle aura servie pendant 13 ans. Rencontre.

« J’avais 22 ans. A Mission 80, à Lausanne, j’ai reçu un appel. Je me suis levée pour m’engager dans le champ missionnaire ; c’était alors très clair pour moi que mon engagement s’inscrirait en Suisse romande. » Françoise Huguelet, comptable « multitâches » à la Fédération romande d'Eglises évangéliques (FREE), prend un moment pour faire le point autour d’un café au siège de la fédération à St-Prex. Elle indique tout de go n’avoir jamais cherché du travail. Celle qui se dédouble entre La Fraternelle à Nyon et l’église évangélique de Ste-Croix s’est d’abord fait appeler pour travailler à La ligue pour la lecture de la Bible, où elle est restée 9 ans. Puis a intégré durant 12 ans le Département missionnaire (aujourd’hui DM-échange et mission) de l’Eglise réformée. « Dieu m’a toujours conduite », dit-elle simplement.

Françoise Huguelet, qu’est-ce que vous aurez particulièrement apprécié dans votre travail à la FREE ?

Par rapport à mes valeurs évangéliques, je me suis sentie « à la maison ». J’y connais pratiquement tout le monde, et ma place de travail a correspondu à qui je suis : j’aime les chiffres avec lesquels je jongle toute la journée, que ce soit pour les salaires, la comptabilité générale, les budgets, le paiement des factures... Avec plus de 50 églises, quelque 4'500 membres, la FREE est devenue sinon une grande fédération, avec des opinions différentes, mais j’ai toujours trouvé intéressant qu’on puisse marcher ensemble, même s’il y a sans doute un combat spirituel qui se traduit dans les relations interpersonnelles. J’ai enfin beaucoup aimé les liens avec les envoyés à l’étranger.

Quels sont vos meilleurs souvenirs ?

Ce qui m’a toujours émue, c’est de savoir les finances vraiment « justes-justes », et recevoir tout d’un coup un don miraculeux qui équilibre les comptes. Je l’ai vécu plusieurs fois et j’en ai eu à chaque fois les larmes aux yeux. Les rencontres pastorales ont été pour moi d’autres moments forts : j’y ai vécu des ressourcements bienfaisants, reçu des paroles d’encouragement. A la dernière retraite, la personne à qui j’ai demandé la prière a vu pour moi comme un parterre de fleurs de toutes les couleurs. Cela m’a parlé de ma prochaine étape où m’attendent de belles choses en termes d’engagements ; c’est du moins ainsi que je l’ai compris et cela m’a fait du bien.

Justement, comment voyez-vous la suite de votre chemin ?

Je vais continuer à faire la comptabilité de l’entreprise de mon mari, celle de La Fraternelle ou encore de la Grange à L’Auberson... Cela dit, je m’en réfère au Psaume 37,4 : « Fais de l'Eternel tes délices, Et il te donnera ce que ton cœur désire », un verset que j’ai souvent reçu à des moments-clé de ma vie. Je me réjouis de ce que je vais pouvoir faire de nouveau, même si je ne sais pas exactement de quoi il va s’agir. Mais Dieu me parle et j’ai confiance. J’ai débuté un cours à l’ISCAS (Initiation à la spiritualité chrétienne et à l’accompagnement spirituel ndlr) à St-Loup et on verra. J’aimerais un peu quitter les chiffres...

Gabrielle Desarzens

Frédéric Magnin, qui a travaillé pour l'ONG SAM Global en Guinée Conakry, va succéder à Françoise Huguelet à hauteur de 60% dès le premier juin.

  • Encadré 1:

    Ce que je crois : Je crois en un Dieu qui nous connaît parfaitement et qui connaît nos besoins, nos désirs profonds. Il est Celui qui a guidé mes pas.

    Ce que je ne crois pas : Je ne crois pas que travailler dans une œuvre chrétienne nous épargne toutes difficultés.

    Ce que je ne crois plus : Je ne crois plus qu’il n’y a qu’une manière de vivre sa foi.

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